Château de la Giraudière

Origine Sologne – Juillet 2020 par Pascale Biondi-Cogneau

 

Au cœur de la forêt de Villeny, entre le château de Chambord et la Maison du Cerf se tient discrètement le château de la Giraudière. Ce bel élégant apparaît à l’orée d’un chemin qui pénètre dans les pins et les chênes centenaires, sur la droite, fier de sa façade d’une symétrie parfaite.

Le château fut rénové en 1792 au goût du jour. Sa spécificité : un logis traversant et deux pavillons e retrait qui lui donnent cette allure classique du XVIIIe siècle, de briques et de lumières, dans l’air du temps. Des lignes simples, de la brique et de la pierre de Bourré, du tuffeau, pour les encadrements : l’équilibre er la sobriété.

Pas étonnant que les maîtres des lieux aient été précurseurs dans l’ouverture des chambres d’hôtes.

Bonne adresse, recherchée par les amateurs de l’art de vivre à la française, c’est une maison vivante, claire et ensoleillée.

Une maison vivante de toute évidence car la même famille l’occupe, y vit quotidiennement et la fait vivre depuis… 1450 ! Pas moins de 18 générations en ligne directe. Alors son histoire les descendants actuels la connaissent bien et sont ravis de la partager.

C’est aujourd’hui Claudine Giordano-Orsini qui gère la propriété avec son mari, Emmanuel. La mère de Claudine, habite toujours le château ainsi que leurs deux filles, Capucine et Éléonore qui bien que faisant leurs études en différents lieux, sont très présentes. L’une d’entre elles s’investit d’ailleurs beaucoup dans l’entretien des terres, les chambres d’hôtes, les chasses… tout ce qui fait vivre la propriété et ses 350 hectares. 

Autrefois, c’était 1470 hectares. Il y avait des métairies, des locatures, diverses cultures, des vaches, des vignes… le domaine vivait pratiquement en autarcie. La mère de Claudine, Anne Ghislaine Longuet de la Giraudière se souvient de cette époque. Elle a toujours vécu ici et c’est elle qui a initié les chambres d’hôtes lorsqu’il fallu prendre un virage économique. Claudine à l’époque était devenue pharmacien, mais très attachée à la Giraudière, elle revint aider sa mère et petit à petit reprendre la gestion du château. Bien que les hommes soient présents et l’histoire nous le montre, il est amusant de voir que ce sont les femmes qui ont insufflé l’énergie à ce château. Et l’histoire semble se répéter.

La famille d’origine est blésoise. Un mariage les rapproche d’Orléans et dans la dot, le 1er Jean Longuet reçoit de sa femme, entre autres, les terres de la Giraudière, Courbanton et la Gauchère, toutes en Sologne. On parle alors de seigneur de la Giraudière. L’un des grands hommes de cette illustre famille, c’est Mathurin Longuet qui, de 1505 à 1555, fut secrétaire et notaire des rois Louis XII, François 1er et Henri II. Après 50 ans au service des Valois, il fut anobli.

Au siècle suivant, Élisabeth Ancel, orléanaise de naissance, fut mariée à un nouveau Jean Longuet de la Giraudière. Elle est connue pour avoir été la première nourrice de Louis XIV. Mais elle dut malheureusement renoncer car le futur Roi-Soleil avait 2 incisives dès la naissance et elle ne put supporter la noble charge… Un tableau au château représente Élisabeth Ancel, Dame Longuet

de la Giraudière, allaitant le dauphin. Un second tableau identique se trouve au château de Versailles. Après différents mariages et le manque de descendants mâles, la famille s’appellera de Berthereau , durant près de deux siècles avant de retrouver son nom, grâce à Charles Maurice

de la Giraudière autorisé à reprendre son nom à la fin du XIXe siècle par le biais d’un mariage

avec une lointaine descendante.

La famille a compté de nombreux maires, à Villeny, à La Ferté-Saint-Cyr, mais aussi à Orléans. D’autres se sont brillamment illustrés dans les fermes modèles ou la noblesse d’armes, tous se sont passionnés pour cette terre de Sologne. Une histoire de famille qui traverse les siècles, avec aujourd’hui le renouveau par le biais du tourisme. Les propriétaires actuels ouvrent leur porte avec plaisir et organisent quelquefois des rencontres musicales, principalement de jazz.

L’histoire continue.

 

Un peu d’architecture :

Le château s’appelait en 1450 Grande maison des Ormes. En 1640 il devint Château des Ormes puis Château de la Giraudière. La basse-cour (pans de bois, briques et tuiles plates) toujours visible et particulièrement bien conservée, comme les douves du parterre datent de 1640.

En 1792, on reconstruisit le château des Ormes sous la direction de l’architecte Roché. Augustin Louis de Berthereau (11e génération) marié à Agathe Baguenault de Villebourgeon lui donnera alors le nom de Château de la Giraudière. Le module de base du château est étendu à neuf travées à la symétrie parfaite. Les pièces intérieures sont traversantes. La demeure est agrandie par des petits pavillons bas en saillie accolés de chaque côté du logis. Des bandes alternées marquent l’avant-corps du château faisant ressortir le jeu de polychromies de la brique et de la pierre. Le parc paysager du château a été dessiné à la fin du XVIIIe siècle profitant des sources d’eau et des fossés naturellement présents. Le projet de l’époque et le parc actuel sont très semblables à l’exception du potager.

www.chateaudelagiraudiere.fr

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